[MCP] Introduction au protocole Mackie Control

Retour inatendu sur le blog, cet article est le début d’une petite série concernant la réalisation d’une surface de contrôle pour DAW via le protocole Mackie Control, largement utilisé dans le milieu audionumérique.

Un peu d’histoire (quelque peu simplifiée, je vous l’accorde):

Quelques années en arrière, et encore maintenant, dans un studio d’enregistrement/mixage/mastering on avait une grosse console analogique au centre et des périphériques audio (analogiques toujours) reliés à celle-ci pour appliquer des effets et autres traitements. Les puristes diront que c’est la seule configuration viable, et la seule qui retranscrit le vrai son. Les principaux problèmes de cette configuration, c’est son prix (la somme du matériel contenu dans un studio pro peut facilement dépasser les 100 000€), son encombrement et son poids. Autre inconvénient de taille, c’est que si on veut pouvoir retravailler un morceau dans le futur, il faut avoir pris soin de noter tous les réglages pour tous les équipements utilisés (je vous laisse imaginer un projet avec plus de 40 pistes, avec chacune plusieurs processeurs d’effets: compresseur, reverbe, echo et j’en passe…)

MSR Studio
Le MSR Studio à New York

 

Avec l’arrivée des ordinateurs, on a résolu beaucoup de ces problèmes, tout peut être réalisé numériquement dans le DAW, ce qui permet bien souvent d’ajouter un nombre illimité de pistes et de traitements audio. Le gain de place est énorme, il suffit d’une carte son (avec suffisamment d’entrées pour les enregistrements multipistes comme pour la batterie par exemple), d’un système d’écoute et d’un ordinateur. Il est également très facile de rappeler une session de travail.

Le principal inconvénient à la configuration dite « in the box », c’est qu’il faut tout faire à la souris, ou avec des raccourcis claviers. Quand on doit faire des automations (changements de paramètres en temps réel) ou modifier le volume de plusieurs pistes à la fois, c’est pas pratique.

Pour palier à ça, les ingénieurs on créé des surfaces de contrôle, qui ressemblent grandement à des tables de mixages traditionnelles, mais sans le traitement audio.

Une surface de contrôle permet juste d’envoyer la position et la valeur des paramètres au logiciel et inversement si les potentiomètres de celle-ci sont motorisés.

SSL Nucleus
La surface de contrôle SSL Nucleus

Le protocole en question:

La communication entre l’ordinateur et la surface de contrôle se fait via MIDI, qui est basiquement de la communication série un peu boostée.

Le MIDI étant assez limité dans sa version de base, le constructeur Mackie a créé un protocole pour faire passer des informations plus « concrètes » (comme du texte, des états de voyants, des actions permettant de contrôler en détail les logiciels de musique) entre ses surfaces de contrôle et le DAW. C’est ainsi qu’est né le protocole Mackie Contrôle.

Mackie Control
Mackie Control

Le protocole utilise des messages MIDI standards, tels que le Control Change (CC), NoteOn, NoteOff, AfterTouch etc.  Mais aussi des messages SysEx qui embarquent des messages beaucoup plus gros.

Le protocole est propriétaire, mais à la suite d’une « erreur » de la part d’Apple, qui a documenté la surface de contrôle Mackie HUI pour son OS en y joignant une annexe avec la description MIDI détaillée, le protocole a fuité, et beaucoup de constructeurs ont commencés à le réutiliser pour leur matériel. C’est alors devenu une référence pour beaucoup de fabricants de surfaces de contrôle actuelles, allant des moins chères (Behringer entre autres), aux moins abordables (Avid, SSL nucleus).

 

Je m’arrête là pour cette introduction, dans le prochain article, on jettera un œil aux données qui transitent via ce protocole!